Rétablir le droit d’asile


Migrations et frontières – Jiho (France)

COMMUNIQUE 

Depuis plus de quinze ans, l’Union européenne durcit sa politique migratoire et militarise ses frontières extérieures. Sous couvert de « gestion des flux » et de « coopération sécuritaire », elle refoule illégalement les réfugiés. Les témoignages recueillis par les ONG décrivent des violences systématiques : passages à tabac, morsures de chien, agressions sexuelles, harcèlement, extorsions, impossibilité de déposer une demande d’asile. Les violences vont jusqu’à provoquer la mort de réfugiés, comme le montrent les rapports d’ONG qui ont recensé des milliers de décès sur les routes de l’exil vers l’Europe en 2025.

En mars 2026, le Parlement européen a approuvé une nouvelle législation créant des « centres de rétention » hors du territoire européen. Cette politique, soutenue par la droite et l’extrême droite, marque un recul historique : elle institutionnalise la détention illégale des exilé·es et légalise les refoulements collectifs, en violation directe de la Convention de Genève de 1951 relative aux droits des réfugiés. Faut-il s’en étonner ?

L’Union européenne est un cadre de libre circulation pour les capitaux et les marchandises, mais pas pour les êtres humains. Elle est la négation des droits démocratiques et, en premier lieu, le droit d’asile. Tandis que la mobilité des richesses est garantie, celle des personnes est criminalisée.

Partout en Europe, les gouvernements érigent des murs et dressent des barbelés. En Belgique la traque des réfugiés s’intensifie. Pourtant, ces femmes, ces hommes et ces enfants ne sont pas des « migrants » : ce sont des réfugiés fuyant les guerres, la misère et les politiques impérialistes qui dévastent leurs pays. Au nom du droit d’asile, qui est inaliénable, ils doivent être accueillis !

Le Cercle de Libre Pensée- Kring voor het Vrije Denken interroge : peut‑on véritablement rétablir le droit d’asile — c’est‑à‑dire garantir à chaque réfugié un accueil digne, humain et inconditionnel — sans remettre en cause les politiques liberticides et réactionnaires qui en entravent l’exercice, et sans s’affranchir du carcan de l’Union européenne ?

Accueillir, protéger, défendre : tel est le devoir de toute société libre.

Bruxelles, le 29 mars 2026

Bruxelles, le 29 mars 2026