Circoncision rituelle et droits de l’enfant : Position du CLP-KVD   Recently updated !


La récente polémique autour de la circoncision rituelle, ravivée par les déclarations de l’ambassadeur des États-Unis en Belgique et par l’intervention d’un député belge auprès de Washington, appelle une mise au point claire de la part du Cercle de Libre Pensée – Kring voor het Vrije Denken.

Instrumentalisation de l’antisémitisme

D’abord, il importe de rappeler les faits. L’enquête en cours sur des pratiques de circoncision rituelle ne résulte nullement d’une initiative de la justice belge, mais d’une plainte introduite par un rabbin. Parler, dans ces conditions, d’acharnement judiciaire ou d’antisémitisme de la part de l’État belge comme le proclame le diplomate relève de la manipulation.

En appelant publiquement le gouvernement belge à intervenir dans une procédure judiciaire en cours, l’ambassadeur américain, accusant la Belgique d’antisémitisme, est sorti de son rôle. Une telle ingérence contrevient au respect de la souveraineté d’un État. Nous dénonçons avec la plus grande fermeté l’usage de l’accusation d’antisémitisme comme arme de disqualification contre toute critique d’une pratique religieuse, alors même qu’aucun élément objectif ne permet de soutenir une telle accusation dans ce dossier.

Nous condamnons tout autant l’initiative du député d’extrême droite (N-VA) Michael Freilich, qui a reconnu avoir sollicité une intervention des autorités américaines contre la législation et la justice de son propre pays. Qu’un élu fasse du lobbying à l’étranger, au nom de ses convictions religieuses, pour infléchir l’application du droit national, ne constitue-t-elle pas une forme de communautarisme, de séparatisme ? Il est permis de s’interroger : si une telle démarche avait été entreprise par un député de confession musulmane ou supposée, la réaction politique et médiatique n’aurait-elle pas été d’une tout autre virulence, au risque de déchaîner une véritable chasse aux sorcières ? Une condamnation ferme et claire du gouvernement ne s’impose-t-elle pas ?

La circoncision au regard des droits internationaux de l’enfant

Au-delà de ces dérives diplomatiques et politiques, la question de fond demeure : celle de la compatibilité de la circoncision non médicale des mineurs avec les droits fondamentaux de l’enfant. Le CLP-KVD rappelle que cette pratique est contraire à plusieurs textes internationaux, notamment à l’article 24-3 de la Convention relative aux droits de l’enfant, qui enjoint les États à abolir les pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé des enfants, ainsi qu’à l’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui interdit les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Une mutilation corporelle et un marquage religieux indélébile

Le CLP-KVD condamne toute mutilation du corps humain pratiquée sans consentement libre et éclairé et sans indication médicale.Tout comme l’excision clitoridienne, la circoncision masculine constitue une mutilation inacceptable lorsqu’elle est imposée à un enfant pour des motifs religieux ou culturels. Elle porte atteinte à son intégrité physique et constitue un marquage indélébile d’appartenance religieuse décidé par d’autres en son nom, portant ainsi atteinte à sa liberté de conscience. Le fait qu’il s’agisse d’une tradition pluriséculaire dans certaines communautés ne saurait en aucun cas servir de justification.

Le compromis actuel, qui impose que la circoncision rituelle se déroule dans un cadre médical, ne règle pas la question de principe : nul ne devrait pouvoir disposer du corps d’un enfant au nom de croyances qu’il n’a pas choisies. Un enfant n’est pas, et ne doit pas être, le support d’une tradition ; il est un sujet de droit à part entière. Le droit à l’intégrité corporelle doit primer clairement sur toute revendication d’un privilège religieux ou au nom de l’autorité parentale.

Le CLP-KVD réaffirme son opposition à toute forme de mutilation sexuelle pratiquée sur des enfants dépourvus de capacité de consentement. Il considère que la circoncision rituelle des garçons, lorsqu’elle ne répond pas à une nécessité médicale avérée, s’apparente, par sa nature attentatoire à l’intégrité physique, aux pratiques d’excision imposées aux jeunes filles. Aucune considération d’ordre culturel ou religieux ne saurait être invoquée pour justifier le maintien de telles pratiques.

Le CLP-KVD appelle à l’interdiction des circoncisions non médicales sur mineurs

Le CLP-KVD appelle dès lors le gouvernement belge à franchir une étape décisive en interdisant les circoncisions non médicalement justifiées sur les mineurs, quelle qu’en soit la motivation religieuse ou culturelle. Une telle réforme mettrait fin à un privilège religieux et à un « droit parental » injustifiables et constituerait un signal fort en faveur des droits de l’enfant. Nous rejoignons l’ensemble des forces démocratiques, des organisations de défense des droits de l’Homme et des professionnels de la santé qui appellent au respect de la liberté de conscience et à l’intégrité physique de l’enfant.

L’autorité parentale et les traditions religieuses ou culturelles cessent là où commence l’intégrité corporelle de l’enfant.

Bruxelles, le 28 février 2026
Bruxelles, le 10 Ventôse an CCXXXIV

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L’article 24-3 de la Convention relative aux droits de l’enfant, l’ONU, stipule que “Les Etats parties prennent toutes les mesures efficaces appropriées en vue d’abolir les pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé des enfants.

L’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques interdit les “peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants” cette pratique n’en n’est-elle pas une illustration ?