« L’émancipation de la femme, comme de tout le genre humain, ne deviendra une réalité que le jour où le travail s’émancipera du capital. C’est seulement dans une société socialiste que les femmes, comme les travailleurs en général, accéderont à la pleine possession de leurs droits. » Clara Zetkin, 1889 (Extrait du Discours prononcé au Congrès International Ouvrier de Paris)
Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, n’est pas une simple célébration symbolique. C’est un rappel des combats inachevés pour l’égalité des droits et la liberté de disposer de son corps. À l’heure où les régressions se multiplient, le Cercle de Libre Pensée – Kring voor het Vrije Denken (CLP-KVD) réaffirme son engagement en faveur de l’émancipation intégrale des femmes, indissociable de la lutte contre les systèmes d’exploitation économique et les dogmes religieux.
Le CLP-KVD se tient résolument aux côtés de toutes celles et ceux qui luttent pour l’égalité en droits entre les femmes et les hommes et pour le droit fondamental de disposer librement de son corps. L’égalité réelle ne naît pas de simples lois : elle exige l’émancipation sociale, économique et culturelle de toutes et tous.
Capitalisme et cléricalisme : les deux mâchoires d’un système oppressif
Le système capitaliste se nourrit des divisions et exploite les inégalités. Il utilise les préjugés sexistes, entretenus par les religions, pour maintenir la domination et réduire les coûts du travail. Ces mêmes religions, alliées du pouvoir économique, imposent des dogmes qui perpétuent l’asservissement du genre humain au nom de prétendues lois naturelles ou divines.
Combattre l’oppression, c’est refuser toutes les discriminations : qu’elles reposent sur le sexe, l’origine, la couleur ou les convictions. Mais c’est aussi affronter la racine économique et idéologique de ces inégalités. On ne peut défendre la cause des femmes sans dénoncer le capitalisme et les théocraties qui l’accompagnent.
Le CLP-KVD s’inscrit dans les pas de féministes : M. Popelin, Émilie Claes, Gatti de Gamond, Louise Van Duuren, Hector Denis, le Dr Willy Peers, etc… Toutes et tous ont mené la lutte pour la liberté des femmes, parfois au prix de la répression et de la prison.
À l’heure où d’aucuns, pour des raisons pas toujours avouables d’ailleurs, se focalisent sur la seule religion musulmane, pour la Libre Pensée, ce sont toutes les religions du Livre qui sont intrinsèquement patriarcales et misogynes. Partout, les droits conquis sont aujourd’hui menacés. De la Turquie à l’Espagne, de la Pologne aux États-Unis, de l’Afghanistan à l’Iran, les gouvernements réactionnaires, soutenus par les Églises, réinstallent les femmes dans les rôles que les religions monothéistes prescrivent depuis des siècles : soumises, mères forcées ou objets sexuels.
La réaction gagne du terrain, le monde sent la poudre et l’eau bénite. Même dans les pays dits « progressistes », les reculs se multiplient : flexibilisation du marché du travail, précarisation, destruction des services publics, fermetures d’hôpitaux et de centres d’accueil. Ces politiques frappent d’abord les femmes, premières victimes de la paupérisation. Défendre leurs droits, c’est défendre tous les acquis sociaux.
Cependant des résistances s’organisent. Des Polonaises bravant l’interdiction de l’avortement aux Argentines conquérant le droit à l’IVG, des Iraniennes défiant l’obligation du voile aux Mexicaines dénonçant les féminicides, ces luttes montrent que l’esprit de révolte est vivant.
L’égalité des sexes est indissociable de la Séparation des Églises et de l’État. Tant que les dogmes religieux influenceront les lois, la liberté sera menacée. Le sexisme se nourrit à la fois des inégalités sociales, du poids des religions, du manque d’éducation et de l’affaiblissement des structures démocratiques et syndicales. Ces forces doivent être combattues conjointement.
Comme le disait Bakounine, « […] je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres[…] ».
L’émancipation des femmes est celle de l’humanité entière.
Nous exigeons donc des pouvoirs publics que soient respectés concrètement :
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Le droit absolu de disposer librement de son corps ;
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Le choix libre de la maternité, le droit à la contraception et à l’avortement ;
Nous exigeons donc des pouvoirs publics que des mesures soient prises pour que :
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Cesse la fin des mutilations sexuelles, des viols, du harcèlement et des violences ;
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Garantir l’égalité réelle d’accès à tous les postes, à un salaire égal, à la sécurité…
Ces revendications ne sont pas particulières à un groupe : elles sont universelles, fondées sur la justice sociale et le progrès humain.
Partout, des femmes et des hommes se lèvent contre les forces réactionnaires pour dire non à l’oppression. À nous de les soutenir, de partager nos expériences, de construire ensemble un mouvement international du progrès et de la liberté.
Au fond, les mêmes questions cruciales restent posées, et avec elles les luttes à poursuivre :
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Peut-on émanciper l’humanité sans séparer les religions de l’État ?
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Peut-on abolir le sexisme sans remettre en question les dogmes ?
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Peut-on parvenir à l’égalité tant qu’un système économique repose sur l’exploitation et la division ?
Le CLP-KVD répond sans hésiter : NON. Et c’est pourquoi elle poursuit, avec conviction et solidarité, son combat pour l’émancipation intégrale du genre humain. En défendant la liberté des femmes et l’égalité en droit des hommes et des femmes, nous défendons celle de l’humanité tout entière.
Bruxelles, le 16 Ventôse CCXXXIV


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