L’École publique sous le talon de fer du capital financier


Bruxelles, le 8 septembre 2026 – La mobilisation des enseignants en Fédération Wallonie-Bruxelles dépasse le strict cadre professionnel. Elle ne saurait être réduite à une revendication corporatiste. Elle constitue un front de résistance contre une politique délibérée de destruction de l’école publique, conséquence directe de l’hégémonie du capital financier sur les politiques étatiques. Le Cercle de Libre Pensée apporte son soutien entier à ce mouvement, qui incarne la défense d’un droit fondamental : celui d’une École Publique gratuite, laïque et émancipatrice.

Une attaque systémique contre l’institution scolaire

La politique menée n’est pas le fruit d’une gestion budgétaire, mais d’un projet idéologique. Sous la domination du capital financier, l’État se mue en gestionnaire des intérêts privés. Le gouvernement Degryse/Glatigny, dans son champ d’attribution, applique une feuille de route claire : liquider les conquêtes sociales héritées du capitalisme industriel pour adapter la société aux exigences de la finance. L’école, en tant que conquête sociale et institution d’émancipation, constitue un obstacle à cette logique. Il faut donc la démanteler.

La réduction des dépenses publiques, la précarisation des personnels et la remise en cause de la gratuité ne sont pas des mesures d’ajustement : ce sont les outils d’une stratégie visant à soumettre entièrement l’institution scolaire à la loi du marché et aux besoins du capital.

Un changement de paradigme : de l’école publique à l’école du capital

Historiquement, le capitalisme industriel avait besoin d’une main-d’œuvre partiellement qualifiée et d’une certaine cohésion sociale. L’école publique et obligatoire, était un instrument de cette reproduction élargie. Aujourd’hui, le capitalisme financier impose une nouvelle donne : une minorité hyper-qualifiée suffit à piloter les flux financiers, tandis que la majorité de la population est jugée « superflue ». Le chômage de masse devient structurel.

Dans ce contexte, les politiques de type Workfare – pression sur les allocations sociales, culpabilisation des chômeurs, subventions au patronat – se généralisent. L’école publique, institution universelle, est un obstacle à cette politique de destruction de conquêtes sociales. Il faut la réduire et la soumettre à la logique de la rentabilité.

Des contre-réformes destructrices aux conséquences concrètes

Les mesures récentes ne sont pas de simples ajustements ; elles constituent une attaque en règle contre les fondements de l’école publique :

  • Augmentation de 10 % de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur, sans compensation, détériorant les conditions de travail et d’apprentissage.
  • Restriction de l’accès aux congés maladie pour les enseignants statutaires, fragilisant leur protection sociale.
  • Hausse du minerval pour 58 % des étudiants, instaurant une école à deux vitesses.
  • Réforme des pensions entraînant une baisse de 200 à 1 000 euros mensuels pour les enseignants.
  • Décret-programme imposant des économies structurelles, menaçant la qualité et l’universalité de l’enseignement.
  • Tentative de Substitution du statut des personnels par des contrats de travail, précarisant la profession.

Derrière les contre-réformes successives se dessine une conception entrepreneuriale : faire de l’établissement scolaire public une entreprise, de l’élève un « capital humain » et de l’enseignant un exécutant soumis à des objectifs et à une logique managériale. La concurrence entre établissements, la volonté d’individualisation des rémunérations et la prétendue évaluation du « mérite » ne constituent pas un progrès de l’enseignement. Elles visent à détruire le caractère collectif du service public et donc sa disparition pour l’aligner sur l’école privée confessionnelle ou non.

Ces contre- réformes visent à vider l’école de sa substance. Elles ne cherchent pas seulement à dégrader les conditions de travail ; elles entendent détruire la mission même de l’école publique : former des citoyens éclairés et critiques, et non une main-d’œuvre docile et flexible.

L’émancipation par le savoir exige des moyens, des personnels certifiés et suffisamment nombreux, des programmes clairs fondés sur les disciplines et la possibilité pour les enseignants d’exercer sereinement en toute indépendance leur métier.

Le 10 septembre, mobilisons-nous pour l’instruction publique, pour l’École publique comme institution démocratique, laïque et émancipatrice !

Parce que défendre celles et ceux qui instruisent, c’est défendre celles et ceux qui apprennent.
Parce que défendre l’École publique, c’est défendre l’égalité des droits.
Parce que l’instruction est une condition de l’émancipation.

A bas la calotte ! Vive la sociale !

Argent public à l’École Publique, argent privé à l’École Privée !