Fin de vie : une première victoire à amplifier   Recently updated !


À la suite du vote de la loi sur la fin de vie en France, nos amis de la FNLP saluent l’importance du débat démocratique tout en exprimant de sérieuses réserves. Elle souligne les limites du texte adopté et appelle à une vigilance accrue quant à son application et à ses conséquences et demande à continuer le combat pour améliorer le texte. Lire le communiqué ci-dessous.

– COMMUNIQUÉ DE PRESSE –

Fin de vie : une première victoire à amplifier

Le 15 juillet 2026, venue des années situées au tournant des quatrième et troisième siècles avant l’Ère vulgaire, la voix d’Épicure a enfin inspiré l’Assemblée nationale : « […] la mort est à craindre, non pas parce qu’elle sera douloureuse étant réalisée, mais parce qu’il est douloureux de l’attendre. »1 Les Députés ont voté définitivement la loi légalisant le Suicide Assisté et, par exception au profit des personnes n’étant pas en mesure de s’administrer elles-mêmes la substance létale, l’Aide Médicale à Mourir.

C’est le fruit du combat d’un demi-siècle, enfin victorieux, mené en faveur d’une écrasante majorité de Citoyennes et de Citoyens. Un sondage du 9 février 2026 réalisé par l’Institut français d’opinion publique (IFOP) montrait que 84% des personnes interrogées y étaient favorables et que 68% d’entre elles estimaient indispensable de voter avant la fin du présent Quinquennat un texte permettant à tous d’exercer jusqu’au bout leur Liberté de Conscience dont celle d’interrompre leur vie constitue l’un des corollaires majeurs.

Pour autant, la partie n’est pas finie : seule la première manche vient de s’achever. En effet, le texte reste suspendu aux ajustements que le Conseil constitutionnel pourrait exiger et à la publication des Décrets d’application.

Surtout, il s’avère singulièrement restrictif.

D’une part, il réserve le Droit à une Fin de Vie choisie aux seuls Français et aux Étrangers résidant durablement en France, comme si la souffrance d’un Étranger présent très temporairement sur le sol de la République ne comptait pour rien.

D’autre part, il exige une demande écrite adressée par le malade à un médecin, ce qui laisse sans solution les personnes inconscientes. Or, par son silence sur ce point capital, il exclut en même temps la possibilité de rédiger des Directives Anticipées de manière à exprimer un choix conscient tant du bien-portant que du malade.

Enfin, il privilégie le Suicide Assisté au détriment de l’Aide Médicale à Mourir, qui ne pourra intervenir que par exception. Le premier peut rebuter certaines personnes, surtout si l’accompagnement du malade est déficient comme dans l’État de l’Oregon aux États-Unis. La seconde doit pouvoir constituer, comme le Suicide Assisté, un moyen de première intention d’en finir avec une vie de souffrances, comme en Belgique ou aux Pays-Bas depuis 2002.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée s’emploiera à obtenir les améliorations qu’appelle ce texte marquant, en tout état de cause, une rupture essentielle de progrès.

Paris, le 21 juillet 2026

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1 Épicure, La Lettre à Ménécée, paragraphe 125

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