« L’illusion de la liberté se perpétuera tant qu’il sera rentable de maintenir l’illusion. À partir du moment où l’illusion deviendra trop coûteuse à maintenir, ils démonteront simplement le décor, ils écarteront les rideaux, ils déplaceront les tables et les chaises et vous verrez alors le mur de briques au fond de la salle. » Frank Zappa
– COMMUNIQUÉ DE PRESSE –
Le CLP-KVD (Cercle de Libre Pensée-Kring voor het Vrije Denken) se positionne résolument en faveur des libertés démocratiques, avec une attention toute particulière pour la liberté d’association.
Il rejette par principe toute forme de dissolution, qu’elle soit le fruit d’une procédure administrative ou d’une mesure répressive.
Son soutien inconditionnel au droit d’association ne saurait être interprété comme une approbation des positions défendues par les organisations concernées ; celles-ci jouissent du même droit d’expression que le CLP-KVD.
Au-delà de ce principe, il s’agit d’une question de fond : aucun gouvernement, ni l’actuel ni un autre, ne doit avoir la prérogative de décider quelles associations sont légitimes ou non.
Le CLP-KVD condamne le projet de loi permettant la dissolution administrative d’associations qualifiées d’intégristes, de radicales ou supposées violentes. Loin d’être un texte isolé, cette initiative s’inscrit dans un ensemble cohérent de mesures qui, depuis plusieurs années, remettent progressivement en cause les libertés publiques et les droits fondamentaux en Belgique.
Le CLP-KVD n’est pas seul à tirer la sonnette d’alarme. De nombreuses associations de défense des droits de l’Homme, des organisations attachées à la laïcité, des syndicats, ainsi que des juristes et des universitaires dénoncent une évolution préoccupante. L’actuel gouvernement, dans la continuité de ceux qui l’ont précédé mais avec une détermination accrue, semble privilégier une logique sécuritaire au détriment des principes démocratiques les plus élémentaires.
Du projet « d’interdiction de manifester » porté autrefois par Vincent Van Quickenborne aux projets de lois dits « anticasseurs » et à celui de dissolution d’associations présenté par Bernard Quintin, une même philosophie apparaît : restreindre toujours davantage les libertés individuelles et collectives au nom du maintien de l’ordre public.
Les droits, les libertés ne se mendient pas, ne se divisent pas, ils – elles se défendent.
Le projet de loi entend étendre abusivement le champ de la dissolution administrative des associations. Comme le CLP-KVD l’a dès l’origine dénoncé, ce projet de loi, s’il aboutit constituera un instrument de répression supplémentaire dans la main du Pouvoir exécutif et permettra de porter, plus lourdement et de manière plus opaque, atteinte à la liberté d’association et d’expression.
Bernard Quintin, ministre de la Sécurité (sic), revendique s’être inspiré des lois liberticides de Macron, dont la loi dite « Séparatisme » qui a ouvert la voie à une explosion des dissolutions d’associations, sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette orientation s’inscrit dans une filiation idéologique réactionnaire, marquée par une logique d’exception, de répression de stigmatisation.
Le CLP-KVD exige :
- Le retrait immédiat du projet de loi sur la dissolution des associations.
- L’abrogation de l’ensemble des dispositions liberticides qui restreignent les droits fondamentaux.
Bruxelles, Place de la Liberté, le 2 Thermidor de l’an CCXXXIV
