[:fr]Pour un véritable droit individuel à décider de sa vie, de sa mort[:]


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Communiqué

Pour un véritable droit individuel
à décider de sa vie, de sa mort.

Vivre…

Aujourd’hui, comme à travers les siècles, les religions, et leurs multiples supports politiques et institutionnels – le plus souvent non déclarés comme tels – ont toujours cherché à régenter nos vies. Ainsi, pour l’Église catholique (mais elle n’est pas la seule) nous devrions, de la naissance à la mort, nous plier au diktat de ses dogmes religieux et moraux.

Ainsi en est-il du début de la vie, l’Église conteste le droit à l’avortement et, dans de nombreux pays sous son influence, nous voyons se durcir les réglementations (Pologne, États-Unis…) au nom du dogme selon lequel, dieu est le seul maître de nos vies de notre naissance à notre mort. A l’heure où explose le nombre de familles monoparentales, l’Église s’oppose bruyamment au mariage de personnes du même sexe voulant là aussi, imposer son dogme « la famille, c’est un papa et une maman ! ». Tout logiquement, l’Église s’oppose à la GPA (gestation pour autrui), à la PMA (procréation médicalement assistée) et n’est pas étrangère aux manœuvres pour interdire les recherches sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires.

Et mourir…

Last but no least au sujet de la fin de vie, l’Église, et ses acolytes, s’opposent au droit de tous à mourir dans la dignité. Selon elle, Dieu est propriétaire de nos vies. Il est hors de question de lui ravir cette faculté, que ce soit en faisant naître ou en faisant mourir. La souffrance qu’il nous impose – pour expier nos fautes et mériter le paradis – n’est qu’une épreuve légitime. N’est-il- pas ?

Le CLP-KVD s’inquiète des dérives autour du procès devant la cour d’assises de Gand des trois médecins qui ont mis fin à la vie de Tine Nys. L’intervention du très clérical ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), outre qu’elle constitue une immixtion indirecte dans le cours d’un procès, est une nouvelle tentative pour remettre en cause la loi sur l’euthanasie. Même le très catholique quotidien « La Libre Belgique » le suggère !

Le CLP-KVD rappelle que la simple dépénalisation de l’acte d’euthanasie est loin d’en faire un droit mais juste une possibilité (un quasi privilège ?) très conditionnée à l’appréciation de plusieurs tiers (des médecins), très encadrée par toute une procédure et sous le regard éventuellement sourcilleux, qui peut mobiliser, comme on le voit aujourd’hui, des tribunaux. Et il vous faudra mériter la mort (j’allais dire votre mort, mais j’oubliais qu’elle ne vous appartient pas !) ; « souffrez-vous assez, … correctement … ? Êtes-vous assez malheureux … ? »

On a proclamé la Belgique pionnière en matière d’éthique. Mais au pays des aveugles les borgnes sont les rois ! Avancée certes, (et à défendre becs et ongles), la loi de dépénalisation de l’euthanasie, telle quelle, n’est pas suffisante pour offrir les garanties nécessaires à une véritable liberté absolue de conscience. Pour le CLP-KVD, en tant qu’association de libres pens(euses)eurs, il est temps de mettre à l’ordre du jour un véritable droit individuel de décider de sa vie et de sa mort.

Pour chacun, droit inconditionnel de vie et de mort
pour soi-même et en toute liberté !

La vie n’appartient qu’à nous-même. Le droit pour une femme de devenir une mère ou non lui appartient. Le droit pour quiconque, (souffrant, physiquement ou mentalement, arrivant en fin de vie, ou rien de tout cela), de choisir ou demander la mort, lui appartient.

Notre vie, notre corps nous appartient !

Pour un véritable droit individuel et inconditionnel
de décider de sa vie et de sa mort

Bruxelles, 30 janvier 2020

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