Dès sa fondation en 1958, la Ve République est liée à l’Église par un pacte d’intérêt mutuel. Cette dernière devient un pilier du régime politique, en échange d’un versement massif d’argent public, rétablissant ses privilèges. Les médias obéissants ont encensé longtemps l’abbé Pierre, érigé en parangon de moralité, « préféré des Français ». Pour sa septième visite au Vatican, en avril, Macron était accompagné d’un de ses meilleurs clients politiques : le secrétaire général de l’Enseignement catholique. Lequel, par son cri de joie – « La page de Bétharram est définitivement tournée ! » – a trahi l’un des buts de la tractation (1).
La parade pontificale en France, chasubles d’or et Veni creator (2), d’un coût de 27 millions, enseignera aux pauvres les bonheurs de la résignation ; le budget cruel de Macron sera loué en même temps que le pape dans les médias des milliardaires : « chacun doit faire des efforts ».
Assuré que la subvention aux écoles de l’Église est sacrée pour Macron, le pape affiche son mépris pour les victimes d’un clergé dépravé et criminel.
Les collectifs représentant les enfants violés par les évêques et prêtres ne seront pas reçus : celui des anciens de Bétharram, les 300 victimes de 50 écoles de la congrégation des Lassaliens (3), les 234 personnes qui furent les proies de jésuites connues à ce jour, etc. Le collectif du Finistère – 118 témoignages de violences, de viols, ajoutés aux vols de bourses d’État par les gestionnaires catholiques – exige une plaque mémorielle au fronton des écoles de la honte.
Seuls seront admis devant le pape quelques citoyens sélectionnés. L’un d’eux, agressé par l’un des prêtre-violeurs de Bétharram demandera, dit-il, la dissolution de la congrégation et la confiscation de sa très grande fortune pour indemniser les victimes. Une idée inspirante, qui sans doute fera son chemin, comme le retour, imposé par le peuple, à la stricte séparation de l’Église et de l’État.
Si le spectacle des hypocrisies officielles vous répugne, vous pouvez vous informer sur le site « Après la Ciase« (4). Cette commission, qui a établi le chiffre non contesté de 330 000 violences sexuelles perpétrées dans les institutions du clergé (62 % sur enfants de 10 à 13 ans), tient un relevé hebdomadaire rigoureux des abominations révélées, et des combats des victimes pour la justice. ■
Informations ouvrières n°908 – 24-30 Septembre 2026
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(1) Un autre « Bétharram » caché est révélé dans l’internat Saint-Jean de Pélussin (Loire) : sévices, viols, enfants en danger, avaient été dénoncés par lettre au ministre de l’Éducation de 1996, un nommé Bayrou, sans réponse de sa part (Médiapart, 2 juillet 2025).
(2) Voir le Chant des Canuts, écrit en l’honneur des insurgés ouvriers de Lyon au XIXe siècle.
(3) Les Frères des écoles chrétiennes ou Lassaliens (du nom de J.-B. de la Salle) dirigent en France 150 écoles. L’évêque lassalien de Rabat, Romero, après le viol d’au moins cinq femmes, est en ce moment discrètement exfiltré par le pape. La congrégation (820 plaintes en Irlande) verse de l’argent aux victimes françaises, sous le chantage d’un engagement de silence. Le budget de Macron finance toutes ces écoles, comme si de rien n’était…
(4) Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église

