Libérez Abu Safiya !
Extraits de l’éditorial du journal israelien Haaretz du 15 Juin 2026.
« Un médecin appartient à un hôpital, pas à une cellule de prison : Libérez Abu Safiya maintenant
Si Israël a des preuves contre Abu Safiya, il devrait l’inculper et présenter cette preuve. S’il n’a pas de preuves contre lui, il doit le libérer, et tous les autres médecins emprisonnés, rapidement.
Mercredi dernier, une photo du Dr Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan dans le nord de la bande de Gaza, a été rendue publique. On y voit qu’il est extrêmement amaigri, avec des ecchymoses sur les bras – ou peut être une infection cutanée.
Cette image a suscité une vague de colère et de critiques à travers le monde quant aux conditions de détention qui lui sont infligées en prison.
La photo est une capture d’écran de sa comparution par visioconférence devant la Cour suprême, dans le cadre d’un recours qu’il a déposé contre la prolongation de sa détention. Comme pour tous les autres médecins de Gaza – dont 13 médecins, infirmiers et autres membres du personnel de l’hôpital Kamal Adwan – Israël n’a présenté aucune preuve à son encontre et n’a pas non plus engagé de poursuites.
Lui et les autres détenus originaires de Gaza sont maintenus en détention sous le statut juridique douteux de « combattants illégaux » ; sa détention a été prolongée presque automatiquement tous les six mois par un juge du tribunal de district de Beer-Sheva.
Selon les témoignages d’autres détenus, quelques jours après l’audience, Abu Safiya a été extrait de sa cellule à la prison de Ketziot et transféré à l’isolement à la prison de Nafha. Tout indique qu’il s’agit d’une décision du service pénitentiaire destinée à le punir d’avoir eu l’audace de faire appel.
Cette mesure du service pénitentiaire s’ajoute à d’autres formes de maltraitance graves et systématiques qu’il a subies (…).
Samedi, la revue médicale de premier plan The Lancet a publié une lettre signée par des dizaines d’organisations et des centaines de médecins appelant à la libération immédiate des médecins et autres soignants détenus en Israël depuis le début de la guerre.
Il est difficile de comprendre pourquoi le Dr Abu Safiya est encore privé de liberté, d’autant plus que l’État n’a déposé aucun acte d’accusation contre lui. Il est plus difficile encore de comprendre pourquoi, après la diffusion de cette photo accablante, aucun décideur en Israël n’a ordonné sa libération immédiate. En tout état de cause, même si Abu Safiya est soupçonné d’infractions, il doit être traité comme un être humain, comme il sied à tout État démocratique qui prétend respecter les droits humains.
Israël doit cesser de maltraiter Abu Safiya en prison, prendre la mesure de la situation des détenus dans ses établissements pénitentiaires et ordonner sans délai sa libération, ainsi que celle de tous les autres médecins emprisonnés. » ■
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Quatre rapports convergents mettent en évidence une aggravation marquée des violences mortelles visant les Palestiniens.
Intensification des violences meurtrières contre les Palestiniens : aggravation documentée par quatre rapports internationaux et absence de réponse politique européenne
Le rapport d’Oxfam, publié le 10 juin 2026, fait état d’une détérioration nette de la situation en Cisjordanie. Entre 2023 et fin 2025, 1 244 Palestiniens ont été tués, dont 268 enfants, alors que la période 2006-2022 comptabilisait 1 036 morts selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA). Sur deux décennies, le bilan atteint 2 280 victimes, parmi lesquelles 493 mineurs. L’ONG décrit une « annexion accélérée » reposant sur la combinaison d’opérations militaires, de violences de colons et de restrictions étendues. En trois ans, près de 46 000 personnes ont été déplacées, contre 13 000 auparavant, tandis que le nombre de check-points a augmenté de 43%, atteignant 925. Au premier trimestre 2026 seulement, plus de 540 attaques de colons ont été recensées, causant 33 morts, 2 200 déplacés et la destruction de plus de 60 infrastructures hydrauliques.
Le même jour, l’UNICEF alerte sur l’émergence d’une « nouvelle normalité » marquée par des violences accrues contre les enfants. Lors d’un week-end récent, huit enfants ont été tués et dix-sept blessés à Gaza, tandis qu’un nourrisson de sept mois a été abattu en Cisjordanie. L’organisation dénonce des violations répétées incluant homicides, blessures, destructions d’établissements scolaires et déplacements forcés, révélant un mépris structurel des droits de l’enfant.
Le Palestinian Centre for Human Rights (PCHR) décrit, pour sa part, une crise sanitaire majeure à Gaza : plus de deux millions de personnes confinées sur seulement 30% du territoire, accumulation massive de déchets, effondrement des systèmes d’eau et propagation de maladies. Le blocage des matériaux, du carburant et des équipements empêche toute reconstruction. Selon le PCHR, ces pratiques violent les articles 55 et 56 de la IVe Convention de Genève et relèvent de l’article II(c) de la Convention sur le génocide.
Enfin, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (OHCH) recense, entre octobre 2023 et mai 2025, 144 ordres d’évacuation, plus de 80% de Gaza classés zones interdites, ainsi que des destructions massives et des déclarations appelant à l’expulsion durable des Palestiniens.
Ces éléments, largement connus des dirigeants européens, n’ont pas empêché la poursuite de relations politiques, économiques et culturelles avec l’État génocidaire israélien qui ne cesse de revendiquer la poursuite de la guerre. ■
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Israël veut accélérer son plan colonial de « départ volontaire » des Gazaoui·es
Source Agence Media Palestine : Israël relance activement son projet de « départ volontaire » des Gazaoui·es, malgré son illégalité. Selon Haaretz, le chef du Conseil de sécurité nationale, Shmuel Ben Ezra, a convoqué une réunion d’urgence avec l’armée, le Shin Bet et le Mossad pour « encourager l’émigration » des 2 millions de Palestinien·nes. Ce plan, déjà évoqué depuis 2023, s’inscrit dans une logique de nettoyage ethnique, alors que Gaza est dévastée par la guerre, la famine, les bombardements.
L’idée d’expulser de force les Palestinien·nes de Gaza s’inscrit dans une logique de « transfert » profondément ancrée dans le cœur de la politique israélien, bien avant le génocide en cours à Gaza.
Pourtant, aucun pays n’accepterait d’accueillir les Gazaoui·es, comme le confirment des responsables israéliens et qataris. Malgré l’absence de faisabilité, ce projet reste au cœur du discours politique israélien, normalisant l’idée d’une expulsion massive. Un sondage révèle que 70 % des électeurs du Likoud soutiennent cette mesure, tandis que des figures comme Nissim Vaturi (vice-président de la Knesset) appellent ouvertement à expulser « tous les Arabes » de la région.
Ce plan est dénoncé par les ONG comme un crime de déplacement forcé, masqué sous le terme de « migration volontaire ». Dans un communiqué publié en avril, l’ONG Euro-Med Monitor dénonce le fait que « les projets actuels de déplacement forcé [des Gazaoui·es] s’inscrivent dans le prolongement direct du projet colonialiste de peuplement mené de longue date par Israël, qui vise à effacer l’existence palestinienne et à s’emparer des terres. »
« Par le biais d’actions sur le terrain et de mesures institutionnelles visant à présenter ce crime comme une “migration volontaire”, Israël a tenté de mener à bien sa campagne de déplacement en tirant parti du silence quasi total de la communauté internationale, ce qui a permis la poursuite de ce crime et l’impunité d’Israël malgré le caractère sans précédent du premier génocide de l’histoire de l’humanité diffusé en direct. ». ■
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Le Conseil de la « paix » : impunité, confiscations et consolidation d’un nouvel ordre colonial
Source Agence Media Palestine : Un projet de résolution du Conseil de la « paix », révélé par The Guardian, révèle une volonté d’immunité judiciaire totale pour ses membres, son personnel et ses partenaires (dont des forces militaires internationales), les exemptant de toute poursuite à Gaza. Ce texte, qui pourrait être validé par simple signature, s’inspire des méthodes israéliennes et risque de couvrir des violations du droit international, selon des experts comme Noura Erakat ou Emily Schaeffer Omer-Man.
Parallèlement, le Conseil cherche à confisquer des biens palestiniens « à titre gratuit », sous prétexte de « missions à Gaza », sans consentement ni compensation. Cette mesure, dénoncée par Omar Shakir et d’autres observateurs, perpétuerait l’occupation illégale, pérenniserait les traits les plus odieux de l’occupation et de l’apartheid et le déni des droits palestiniens à l’autodétermination, sous couvert d’un ordre nouveau prétendument pacificateur, alors qu’Israël contrôle déjà 65 % de Gaza, violant « l’ accord » de Sharm el-Sheikh (octobre 2025).
Ce Conseil, créé pour superviser un cessez-le-feu théorique, ignore les exactions israéliennes (1 000 Palestiniens tués en 8 mois, blocus, expansion territoriale) et impose un désarmement palestinien comme prérequis, tout en marginalisant toute perspective politique palestinienne. Approuvé par l’ONU en novembre 2025, ce « plan de paix » — qualifié d’« outrage colonial » par Craig Mokhiber — consacre un nouvel ordre colonial, où les Palestiniens seraient réduits à des fonctions strictement administratives, sans perspective autodétermination à des rôles municipaux, sans autodétermination.
Un système qui, sous couvert de paix, institutionnalise l’impunité et la spoliation. ■
