Réfugiés sans droits, ministre hors la loi  !


Dessin de Gargalo (Portugal)

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » (Jean de la Fontaine)

Deux faits, entre autres, illustrent cette maxime.

D’un côté, l’Union européenne scelle avec des régimes de douteux pactes de délégation, conçus pour tenir les réfugiés à distance des rivages européens et de leur droit d’asile, au mépris des droits élémentaires de ces réfugiés condamnés à la misère, à l’errance et parfois à la mort.

De l’autre, les puissants de ce « petit monde » se distribuent avec superbe des privilèges, foulant aux pieds les lois qu’ils refusent aux autres, et plus encore à ceux qu’ils rejettent aux marges de l’humanité.

Quel point commun entre ces deux faits ?

La même arrogance, le même mépris, la même violation du droit des êtres humains à la liberté, dont la liberté de circulation est en principe imprescriptible.

Le CLP-KVD dénonce la politique migratoire de l’Union européenne et du gouvernement belge mise en œuvre par la ministre Anneleen Van Bossuyt poursuivant la politique de sa prédécesseur Nicole de Moor qui invoquait l’Humanisme pour masquer sa carence morale, condamnée plusieurs fois par les tribunaux pour n’avoir pas respecté les droits des réfugiés.

Une ministre et un gouvernement au-dessus des lois

« Circulez, il n’y a rien à voir ! Je n’ai de compte à rendre à personne ! » ces mots pourraient résumer la politique réactionnaire d’Anneleen Van Bossuyt, ministre de l’Asile et de la Migration, la porte-voix et soutier d’un gouvernement qui se place délibérément au-dessus des lois, des droits de l’Homme et des principes démocratiques que ce gouvernement prétend défendre.

Depuis l’été 2023, la Belgique refuse systématiquement l’accueil aux demandeurs d’asile ayant déjà obtenu une protection dans un autre État membre de l’UE. Résultat : des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants, survivants de guerres et de persécutions, sont condamnés à survivre dans la rue, sous prétexte qu’ils pourraient « retourner d’où ils viennent ». Anneleen Van Bossuyt ose affirmer que ces exilés « le veulent bien », comme si quiconque choisissait de quitter son pays pour venir dormir sur un trottoir par plaisir. Cette cynique inversion de la réalité révèle une logique perverse : celle qui consiste à criminaliser la vulnérabilité pour mieux justifier l’inaction et la répression.

Lorsque la Cour constitutionnelle belge suspend une mesure de la ministre et saisit la Cour de justice européenne pour en vérifier la légalité, la ministre contourne immédiatement la décision en créant une nouvelle loi ad hoc. Un mépris flagrant de la séparation des pouvoirs, réduits à de simples obstacles à écarter. Cette stratégie n’est pas nouvelle : Van Bossuyt refuse également de payer les astreintes imposées par la justice pour expulsion illégale de demandeurs d’asile, laissant des millions d’euros dus impayés, au motif que sa politique « la plus rigoureuse jamais menée dans ce pays » « produit ses effets ». Ainsi, l’efficacité supposée d’une mesure justifierait son illégalité, ouvrant la porte à un État où chaque ministre pourrait violer la loi au nom de ses priorités politiques.

Comment ne pas faire le parallèle entre ces pratiques et les heures sombres de l’Histoire, lorsque des gouvernements, dont celui de la Belgique, collaboraient avec l’Occupant en lui livrant des nationaux et des réfugiés? Ils invoquaient aussi la « sécurité » et « l’ordre public » ! Aujourd’hui, « Les accords par lesquels l’Union européenne a confié à des pays tiers le soin de retenir les migrants souhaitant se rendre en Europe. » et le traitement infligé aux réfugiés, aux exilés rappellent cette même logique de déshumanisation.

Face à la politique meurtrière, il est urgent de s’opposer sans ambiguïté avec la LDH à cette politique de rejet.

Le CLP-KVD rappelle certaines de ses exigences :

  • L’arrêt des contrôles racistes, au faciès, des expulsions et l’internement des réfugiés dans des camps de rétention ici et à l’étranger.

  • Des structures d’accueil dignes, permettant une intégration pleine et entière, avec un accès à l’instruction, au logement et au travail comme en bénéficient les réfugiés Ukrainiens. Que ces structures soient encadrées, animées par des agents de l’État astreints à la neutralité philosophique.

  • Le respect strict du droit d’asile, garanti par les conventions internationales, et l’accueil inconditionnel de tous ceux qui fuient les persécussions, la guerre, etc et ce quel que soit leur origine, leur croyance ou non-croyance réelle ou supposée.

Les responsables politiques qui foulent le droit doivent rendre des comptes. Nous refusons la banalisation du non-droit, nous refusons la hiérarchisation des vie humaines. Les réfugiés ne sont ni des chiffres, ni des flux : ce sont des enfants, des femmes et des hommes qui fuient la guerre, les persécutions, la famine.

Nous reprenons, ici, la conclusion d’un de nos communiqués : L’étranger, ce miroir brisé. « L’étranger, c’est votre miroir qui le renvoie », écrivait Léo Campion. En rejetant les réfugiés, les migrants, les exilés, nous devenons étrangers à nous-mêmes, à notre propre humanité. La solidarité n’est pas un crime, mais un devoir. Accueillir, c’est reconnaître que la dignité humaine, la fraternité, la solidarité n’ont pas de frontières.

Entre la solidarité, la fraternité ou la barbarie, notre choix est fait.

Bruxelles, le 7 mars 2026