Le Venezuela, l’Europe et la marche vers la troisième guerre mondiale   Recently updated !


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Déclaration du CLP-KVD

« Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage » – Jean Jaurès

« Tous les pays doivent choisir s’ils veulent vivre dans un monde dirigé par les États-Unis, composé de pays souverains et d’économies libres, ou dans un monde parallèle où ils sont influencés par des pays situés à l’autre bout du globe. » – « Stratégie de sécurité nationale », Maison-Blanche (novembre 2025).

L’intervention militaire au Venezuela éclaire parfaitement ce que signifient la « souveraineté » et la « liberté » pour l’Amérique de Trump et de ses sbires.

Le Cercle de Libre Pensée (CLP-KVD) dénonce avec la plus grande fermeté l’agression impérialiste des États-Unis contre la République bolivarienne du Venezuela. Ce qui est présenté comme une « crise interne » n’a rien d’un conflit domestique : il s’agit d’une opération planifiée de longue date, un processus méthodique de déstabilisation politique, d’asphyxie économique et de destruction de la souveraineté nationale. Depuis des décennies, les États-Unis, avec le concours zélé de plusieurs États européens, s’emploient à soumettre un pays qui a eu l’audace de vouloir disposer librement de ses richesses1. Le capital nord-américain n’a jamais toléré la nationalisation du pétrole vénézuélien et veut le reprendre.

Sous les habits du discours moral — lutte contre le narcotrafic, défense de la démocratie ou des droits humains — se cache un appétit impérial intact : s’emparer des ressources naturelles du Venezuela, en premier lieu de son pétrole, et infliger au peuple une guerre sans nom, menée par les armes et les sanctions économiques. Ces sanctions, qui frappent en priorité la population civile, constituent des actes de guerre dissimulés sous le vernis du droit international. L’exemple récent de l’ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné pour trafic de drogue puis gracié par Donald Trump, illustre le double langage d’un empire dont la morale s’arrête là où commencent ses intérêts.

Les gouvernements européens, dans leur alignement servile sur Washington, trahissent une fois encore les principes fondateurs de la souveraineté des peuples et du droit international. Ils se font les complices d’une domination mondiale dont ils savent pourtant les ravages. L’ONU, paralysée ou instrumentalisée, confirme son impuissance structurelle : elle ne protège plus le droit, l’a-t-elle jamais protégé ?, elle gère les rapports de force. Comme dénoncé par Frantz Fanon2, l’ONU n’a jamais été capable de résoudre le problème du colonialisme — elle ne s’interpose que pour préserver l’ordre existant.

Le Venezuela est devenu l’un des champs de bataille d’une guerre énergétique planétaire. Ses réserves pétrolières, les plus importantes au monde, en font une cible prioritaire dans une lutte où se joue la hiérarchie des grandes puissances. Face à la montée de la Chine et à la résurgence de la Russie, les États-Unis tentent de maintenir leur hégémonie déclinante en imposant un contrôle militaire et économique sur l’accès aux ressources. Le Venezuela n’est donc pas une exception : il est le symptôme d’une confrontation globale pour le contrôle des énergies, des ressources rares, des marchés solvables et des souverainetés.

Face à cette offensive, le CLP-KVD rappelle l’histoire : aucun impérialisme n’est éternel. Des peuples du Vietnam et de l’Algérie à ceux de l’Inde coloniale ou de l’Afrique du Sud, l’histoire prouve que la mobilisation populaire, la désobéissance et la solidarité internationale peuvent renverser les puissances les plus féroces. Aujourd’hui, le Venezuela, comme la Palestine, incarne la résistance d’un peuple qui refuse de plier, soutenu par ceux qui, à travers le monde, défendent le droit fondamental à l’autodétermination.

Mais le combat n’est pas seulement militaire ou économique. Dans nos sociétés saturées d’informations contrôlées, la guerre se mène aussi dans les consciences. Penser librement est devenu un acte de résistance. Le CLP-KVD refuse l’alignement idéologique, refuse la résignation intellectuelle et appelle à déconstruire les récits dominants qui justifient l’ingérence et la guerre sous couvert de « civilisation » ou de « droits humains ».

Ce qui se joue aujourd’hui au Venezuela s’inscrit dans une logique d’escalade mondiale. Après l’Ukraine, le Moyen-Orient, l’Afrique, le Groenland, l’Amérique latine devient un nouveau front dans la marche vers une troisième guerre mondiale. La planète divisée entre blocs, empires et zones d’influence, est au bord d’un embrasement général.

Le CLP-KVD s’associe à toutes les forces progressistes, aux intellectuels, aux syndicats et mouvements sociaux pour construire une solidarité internationale active avec le peuple vénézuélien.

Le CLP-KVD rappelle sa position constante celle : du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !

Résister à l’impérialisme, c’est défendre en même temps le droit des peuples, la liberté de pensée, le droit d’être informé et l’avenir même de la civilisation. La guerre n’est pas une fatalité ; le capitalisme n’est pas indépassable. La paix ne naîtra ni des marchés, ni des empires. Elle viendra des peuples libres, solidaires et conscients.

Penser librement, résister, s’organiser : tel est notre combat.

Bruxelles, 27 Janvier 2026

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1. Pour rappel, le Venezuela est l’un des membres fondateurs de l’OPEP.

2. Citation complète : « L’ONU n’a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l’Homme par le Colonialisme et, chaque fois qu’elle est intervenue, c’était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur… En réalité, l’ONU est la carte juridique qu’utilisent les intérêts impérialistes quand la carte de la force brute a échoué. » in Fanon F. « La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? », Afrique Action, Numéro 19, 20 février 1961.