[:fr]Le Vatican, une multinationale au-dessus des lois ![:]


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Un billet d’humeur de M. Taram

Ce n’est pas la première fois que l’ONU s’exprime sur les abus sexuels, de maltraitance d’enfants dans l’Église catholique et dénoncer l’obstruction du Vatican.

En 2014, dans un rapport, le Comité des droits de l’enfant de l’ONU accusait le Vatican de couvrir les abus sexuels perpétrés par des prêtres à l’encontre d’enfants. Ce même rapport demandait au Vatican de communiquer ses archives relatives aux abus sexuels concernant des dizaines de milliers d’enfants afin d’identifier et de déférer devant la justice civile les coupables. Le Comité s’est dit « gravement préoccupé par le fait que le Saint-Siège ne reconnaisse pas l’importance des crimes commis, qu’il n’ait pas pris les mesures nécessaires pour répondre aux cas d’abus sexuels sur des enfants et pour protéger les enfants, et a adopté des politiques et des pratiques qui ont conduit à la perpétuation de ces abus et à l’impunité des coupables ». Le Vatican est à la pointe du combat contre la pédophilie a répondu le pape !

En 2019, la rapporteuse des Nations-Unies sur la vente et l’exploitation des enfants, Maud de Boer-Buquicchio, exprimait son inquiétude concernant « les rapports de nombreux cas d’abus et d’exploitation sexuelle, ainsi que de vente d’enfants, commis par des membres du clergé et de l’Église catholique à travers le monde depuis des décennies ». La rapporteuse demandait au Vatican de lui communiquer tous les résultats des enquêtes récentes, les mesures prises pour « prévenir, détecter et traiter toutes les formes d’exploitation »pour « faire en sorte que les victimes puissent dénoncer tout abus sexuel subi sans crainte de représailles », pour « faciliter l’accès à la justice et aux recours d’enfants victimes d’abus sexuels et de violences sexuelles », pour « veiller à ce que toute personne soupçonnée d’être impliquée dans des abus sexuels sur des enfants soit retirée de la hiérarchie de l’Église », pour « assurer la condamnation publique et une politique de tolérance zéro en matière de violences sexuelles commises sur des enfants par des membres du clergé » etc.

Le 21 juin de cette année, quatre rapporteurs spéciaux de l’ONU ont interpellé le Vatican pour lui demander que les prêtres ayant commis des crimes sexuels sur mineurs répondent de leurs actes, que les victimes obtiennent réparation, que les pratiques d’obstruction à la justice civile cessent et que la transparence soit renforcée. Le Vatican n’a pas répondu !

Le Vatican a l’habitude d’ignorer les appels à la justice : « Non seulement il n’a pas répondu aux rapporteurs spéciaux, mais il continue de nier toute responsabilité pour les abus perpétrés par des prêtres, arguant qu’il n’en est pas redevable, ainsi que lorsqu’ils sont commis à l’étranger en disant qu’il est dénué de juridiction. »

Cette obstruction systématique de l’Église à la justice soulève la question de la collusion des États, de la responsabilité des États dans ces crimes. Si la séparation des Églises et de l’État était effective, les crimes sexuels commis à grande échelle sur des enfants par l’Église auraient été dénoncés et combattus depuis longtemps et nous n’aurions pas besoin d’attendre une quelconque réponse de cette multinationale qui se croit au-dessus des lois des hommes. Des associations, des organisations ont été dissoutes pour bien moins que ça. A quand la dissolution de cette organisation ?

Bruxelles, 9 octobre 2021

 

 

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