Communiqué de la Fédération Nationale de la Libre Pensée (FNLP)
Pour justifier la débauche de moyens, sur les Fonds publics, la Pensée unique en cours sous la Macronie, dans la droite ligne de tous les Gouvernements de la Ve République, nous assène l’argument réputé imparable : la France a des Racines Chrétiennes. Ceci est une contre-vérité absolue : les « Racines » de la France sont Celto-Gréco-Latines et Païennes et absolument pas « chrétiennes ».
L’emploi du mot « Chrétien » pour qualifier ces prétendues Racines de la France est assez surprenant, car il couvre un large champ ; il faut sous-entendre Catholique Romain. C’est à Etienne Pasquier (1529-1615) dans ses Recherches de la France, écrites au XVIe siècle et constamment revues et complétées jusqu’à sa mort, que revient le mérite du rétablissement de la Gaule, telle que décrite par Jules César, comme précurseur de la France. Pasquier consacre les premiers chapitres de son œuvre à la description des Gaulois. Par ailleurs il note que « … ces Empereurs usaient, si je ne m’abuse, plus de la Religion pour la commodité de leurs affaires, que par zèle ou dévotion ».
Le présumé-Baptême de Clovis « Fondateur de la France chrétienne » (dont la date est plus que fluctuante dans le temps, ce qui laisse planer un sérieux doute sur sa réalité historique) n’est donc pas un acte fondateur, mais une péripétie dans la lutte entre Constantinople et les Royaumes Arianistes, Vandales, Wisigoths, Ostrogoths… ; qui s’étaient installés sur la partie occidentale de l’Empire.
À l’époque de Clovis, les Arianistes sont également des Chrétiens opposés aux Trinitaristes, dénommés « Catholiques » en application d’un décret de 380 de Théodose.
Faut-il imaginer que le pluriel de « Racines » intègre cette « Hérésie » condamnée par le Concile de Nicée et qui est une préfiguration de l’Islam. Mais on ne dit pas que Constantin, et ensuite ses fils, revint à l’Arianisme.
La France n’est pas une entité enracinée miraculeusement sur un terreau catholique, plantée lors du Baptême de Clovis, mais elle est une construction politique au long cours au sein d’un espace morcelé, mais à l’intérieur d’un cadre défini à partir de la géographie depuis plus de deux mille ans.
À l’époque de Clovis, les Arianistes sont également des Chrétiens opposés aux Trinitaristes, dénommés « Catholiques » en application d’un décret de 380 de Théodose.
Faut-il imaginer que le pluriel de « Racines » intègre cette « Hérésie » condamnée par le Concile de Nicée et qui est une préfiguration de l’Islam. Mais on ne dit pas que Constantin, et ensuite ses fils, revint à l’Arianisme.
La France n’est pas une entité enracinée miraculeusement sur un terreau catholique, plantée lors du Baptême de Clovis, mais elle est une construction politique au long cours au sein d’un espace morcelé, mais à l’intérieur d’un cadre défini à partir de la géographie depuis plus de deux mille ans.
La France n’a pas de Racines chrétiennes,
mais l’Ancien-Régime, oui
La formule des « Racines chrétiennes » émane toujours de nostalgiques revendiqués ou honteux de l’Ancien-Régime monarchique qui, lui, avait bien des racines chrétiennes depuis le supposé Baptême de Clovis : mais la France ne peut se réduire à la Monarchie ni à une de ses dynasties.
C’est pourtant ce que vient dire Léon XIV qui, lors de son voyage « pastoral et apostolique » ira se recueillir dans l’église des Carmes sur les reliques des « Martyrs de la Révolution française ». Le message est on ne peut plus clair : c’est toute la Modernité qui sera condamnée et avec elle les Droits de l’Homme et la Laïcité. Le Vatican, c’est toujours la Réaction sur toute la ligne. Réaction au point où l’Église en France dépensera plus de 27 millions pour le recevoir, alors qu’elle consacrera à peine 20 millions pour rendre Justice et Réparation aux 330 000 Victimes de Crimes sexuels du Clergé catholique. Quelle honte et quelle indécence !
Bruno Retailleau a trouvé une nouvelle mission pour la Constitution : lui choisir des ancêtres. Invité de BFM-Politique dimanche 6 septembre 2026, le candidat LR à la présidentielle a confirmé sa volonté de faire reconnaître que « la France est un pays de tradition judéo-chrétienne » dans une Charte de l’Ordre républicain adossée à la Constitution.
Une façon de nier l’Islam sans risquer des polémiques mal venues en période électorale. Retailleau s’égare parfois : si la France est d’origine « Judéo-Chrétienne », alors cela veut dire que la France vient de la Palestine ! En clair, qu’elle a une origine quelque peu « Arabe ».
Pour le Policier qui sommeille en lui et qui préconise la Chasse aux Immigrés, il n’est pas sûr que cela soit très populaire dans son électorat. « Il voulait faire l’Ange, il n’a fait que la Bête », ainsi parlait un certain Blaise Pascal qui vantait « la Foi du Charbonnier ». Incroyable, le Bougnat était Arabe !
Alors pour finir, il faut bien le dire, le débat sempiternel sur les « Racines » est quelque peu fatiguant. Le même-toujours Retailleau, qui est un peu (beaucoup) Chouan devait pourtant savoir que l’on ne juge pas un arbre à ses racines, mais à ses fruits, c’est même indiqué dans la Bible, qui semble être son livre de chevet. Avec des racines, on ne va nulle part, avec des fruits, on est nourri pour le voyage. En quelque sorte, c’est l’éternel débat entre le Passé et l’Avenir. Les « Racines chrétiennes », c’est la France qui sent le moisi et le rance. Les Libres Penseurs préféreront toujours monter à l’assaut du ciel et bâtir l’Avenir.
« La République doit être laïque et sociale,
mais restera laïque, car elle aura su être sociale »
Beaucoup ont fait des gorges chaudes à propos de la Première Encyclique « Magnifica Humanitas » du Pape Léon XIV. Celui-ci réaffirme dans une longue et besogneuse répétition, quelque peu lassante, qu’il n’y a point de Salut pour le Capitalisme en crise en dehors de la Doctrine Sociale de l’Église, qui proclame que se révolter contre l’Oppression du Pouvoir et du Capital, c’est aller contre la Volonté divine, puisque c’est « Dieu » qui les a établis, comme toute chose ici-bas sur Terre.
Tous les Autoritaires intéressés à cette Doctrine qui les arrange, en premier chef Emmanuel Macron, fidèle agent de la Banque, du Capital, de l’Église et de l’Armée (la fameuse Alliance du Sabre, du Coffre-Fort et du Goupillon), ont vu dans cette Encyclique ce qui les intéressait en premier lieu.
Mais la visite du Pape risque de désiler les yeux sur quelques points importants pour la Curie romaine. Elle va leur rappeler le contenu réel de « Magnifica Humanitas », où celui-ci défend avec acharnement l’existence – menacée aujourd’hui par tous les scandales de crimes sexuels – de l’Enseignement privé catholique, œuvre essentielle de l’Église catholique, proclamée comme « Terre de Mission pour l’Évangélisation catholique ».
Pour que la République soit véritablement laïque,
il faut abroger la loi Debré et les lois antilaïques.
À ce propos, on peut lire dans cette Encyclique : « l’État n’a pas encore investi les ressources nécessaires pour garantir à tous une éducation de qualité, tant en soutenant de manière adéquate le système scolaire public qu’en soutenant les établissements privés qui offrent ce service fondamental. » et afin que nul ne l’ignore, il enfonce le clou, il regrette : « l’absence d’un soutien public adéquat. »
À ses yeux, la loi Debré et toutes les lois antilaïques qui la complètent sont loin d’être suffisantes… Toujours plus ! Toujours plus !
L’Opinion Publique Laïque en a assez des détournements de Fonds publics pour les écoles privées, à 95% catholiques (12 milliards d’euros par an). Il faut en finir avec ces atteintes profondes, répétées et maintenues depuis 1958, contre l’École Publique Laïque. Une
Résistance, toujours plus grande, se fait jour contre cette Violation permanente de la Laïcité de l’École publique et de l’État républicain.
C’est pourquoi, la Fédération nationale de la Libre Pensée participe activement au Collectif pour l’École publique, à l’initiative de la FSU, afin d’Abroger la loi Debré et les lois antilaïques, mises en œuvre depuis 1958 par les différents Gouvernements de la Vème République. C’est ainsi que la Libre Pensée a élaboré un Plan de sortie du Financement public de l’Enseignement privé en 6 ans avec deux Propositions de loi pour rendre irréversible l’Abrogation de la Loi Debré. (Voir : https://fnlp.fr/2024/12/pour-en-finiraVèmec-le-financement-public-de-lenseignement-priVème-2/ )
Dans les Onze questions qui vont être posées par la Libre Pensée aux Candidats aux Élections présidentielles, la Première sera : « Vous prononcez vous pour l’Abrogation de toutes les Lois antilaïques (Debré, Guermeur, Haby, Lang/Cloupet, Rocard, Carle, etc.), dont la Loi Debré, Mère de toutes les lois contre la Laïcité ».
Paris, le 22 septembre 2026
