– Communiqué de presse – Cercle de Libre Pensée / Kring voor het Vrije Denken

Capture d’écran. 5 Juin 2026
Libertés publiques. Un glissement dangereux : la militarisation du maintien de l’ordre
Les événements survenus à Bruxelles lors des mobilisations d’enseignants et d’élèves marquent un tournant grave dans la gestion des libertés publiques : usage massif et violent de la force policière, atteintes répétées au droit de manifester et, fait particulièrement alarmant, recours à l’armée dans des missions de maintien de l’ordre.
Le Cercle de Libre Pensée – Kring voor het Vrije Denken (CLP-KVD) exprime sa plus vive inquiétude face à la dérive autoritaire actuellement à l’œuvre en Belgique. Le CLP-KVD, les associations œuvrant en faveur de la défense des libertés publiques et de la démocratie, ainsi que les organisations syndicales ne sont pas seules à considérer que l’actuel gouvernement, digne héritier sur ce point de ceux qui l’ont précédé, mais à certains égards plus résolu qu’eux en cette matière, porte gravement atteinte aux libertés et droits fondamentaux.
Un gouvernement de plus en plus dangereux pour les libertés publiques
La Libre Pensée s’oppose fermement à toute implication de l’armée dans la gestion de l’ordre intérieur. Cette opposition repose sur un principe fondamental : la distinction entre les missions civiles de la police, chargée de protéger la population, et celles de l’armée, destinée à défendre le territoire contre des menaces extérieures. En brouillant cette frontière, le gouvernement engage un processus de militarisation de la société qui met directement en péril la paix civile.
Confier à des militaires, formés pour neutraliser un ennemi, la mission d’encadrer des citoyens manifestant pour des droits revient à transformer ces derniers en adversaires. Les enseignants, les élèves et les travailleurs mobilisés ne sont pas des menaces d’État. Ils exercent un droit fondamental garanti par la Constitution depuis 1831 : celui de manifester pacifiquement. Le recours à des soldats armés dans ce contexte constitue une dérive inadmissible avec les principes démocratiques.
Les images et témoignages issus des manifestations récentes font état de pratiques profondément préoccupantes : arrestations illégales préventives, nasses illégales, usage massif de gaz lacrymogènes, usage d’autopompes, déploiement de chiens sans muselières, interventions de brigades connues pour leur brutalité et pour leurs propos racistes, homophobes, matraquage systématique et violences gratuites et attentatoires à la dignité des personnes. Des mineurs ont été à nouveau brutalisés et exposés à ces violences, obligeant des enseignants à s’interposer physiquement pour les protéger. Ces méthodes ne relèvent pas du maintien de l’ordre, mais d’une logique de dissuasion et de répression.
La présence militaire dans les rues de Bruxelles, notamment autour de la Gare Centrale, serait justifiée, selon le gouvernement, par des motifs liés à la lutte contre le terrorisme ou le trafic de stupéfiants. Assimiler, même indirectement, des mobilisations sociales à de telles menaces constitue une confusion grave et inacceptable. Cette normalisation progressive de la présence militaire dans l’espace public ouvre la voie à un affaiblissement durable des garanties démocratiques.
Par ailleurs, certaines déclarations politiques récentes, évoquant notamment l’utilisation d’armes à faible létalité, à la création de camps de rééducation à caractère militaire pour des jeunes, témoignent d’un durcissement idéologique préoccupant. Elles participent d’une vision autoritaire du maintien de l’ordre, où la contestation sociale est perçue non comme une composante légitime du débat démocratique, mais comme un problème à neutraliser. Le bruit des bottes se fait à nouveau entendre !
Déni de démocratie d’un pouvoir faisant le choix d’une escalade répressive pour briser un mouvement social légitime
Le CLP-KVD rappelle qu’une démocratie ne se mesure pas uniquement à la victoire électorale, mais à la manière dont le pouvoir traite l’opposition, les citoyens mobilisés et leurs organisations syndicales. Le respect des règles, des institutions et des contre-pouvoirs constitue le socle de la démocratie. Lorsque ce respect disparaît, la force tend à se substituer au droit.
Le Cercle de Libre Pensée – Kring voor het Vrije Denken exprime son soutien plein et entier aux enseignants, aux élèves et à toutes celles et ceux qui se mobilisent pour un enseignement juste, accessible. Il appelle à une enquête indépendante sur les violences constatées et invite les victimes et témoins à saisir les instances compétentes, les tribunaux et le Comité P.
Face à ces dérives, il est urgent de réaffirmer avec force que la liberté de manifester, la protection des citoyens et la séparation des missions civiles et militaires ne sont pas négociables. Leur remise en cause constitue une menace directe pour la démocratie elle-même.
Le CLP-KVD sera aux côtés des forces démocratiques pour défendre ces principes fondamentaux. ■
Bruxelles, le 17 Prairial CCXXXIV