Une politique d’exclusion sociale
Le gouvernement Degryse-Glatigny s’est attaqué d’abord aux étudiants extra-communautaires, souvent issus de milieux modestes. Avec des frais aussi élevés, ce n’est tant pas la gratuité des études pour les étudiant·es venus d’ailleurs qui est supprimée mais l’accès aux études qui leur sera tout simplement interdit ! Les rares bourses promises ne suffiront pas à compenser cette hausse. Contrairement aux arguments officiels, cette mesure ne récompensera pas le mérite ou la motivation, mais bien le niveau social de leurs parents. Mais c’est surtout pour les étudiant·es hors Union européenne que la mesure frappe fort : ils devront débourser jusqu’à 26 845 €, soit près de cinq fois plus. La quasi-gratuité, autrefois accessible à tous, est purement et simplement supprimée pour les non-résidents de l’UE. Une injustice flagrante. Elle rentre dans une logique purement économique de l’enseignement supérieur, occultant ses missions premières et reléguant au rang de ressource supplémentaire les étudiant·es extracommunautaires. Cette mesure ne sert ni plus ni moins qu’à tenter de pallier le manque de moyens donnés à l’enseignement supérieur, sommé de trouver ses propres ressources sur le dos des étudiant·es.
Une fois ce principe remis en cause, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que le gouvernement clérico-libéral s’attaque aux frais d’inscription des étudiants ‘autotochtones’.
Le Cercle de Libre Pensée-Kring voor het Vrije Denken (CLP-KVD) est attaché à l’existence d’un régime d’Enseignement Supérieur public, laïque et gratuit, fruit des luttes sociales d’après-guerre. Ce système fait que les droits d’inscription en faculté et dans les Hautes Ecoles écoles sont en Belgique parmi les plus bas du monde. Ils ne couvrent en fait que des frais de gestion administrative et ne représentent en aucun cas le coût des études. Cela a permis à des milliers d’étudiants d’étudier sans s’endetter à vie, contrairement à d’autres pays.
L’accord de la coalition gouvernementale menaçait de remettre en cause cette situation. La menace est devenue réalité : à partir de la rentrée 2026-2027, un décret imposera une hausse drastique des droits d’inscription dans l’enseignement supérieur belge. Pour les étudiant·es européens, la charge minimale passera à 5 970 € sur cinq ans (hors doctorat).
Cette augmentation des frais d’inscription est un élément de la privatisation accrue de l’enseignement supérieur. Car il s’agit bien de de cela, c’est bien un des actes de la privatisation des études en route depuis des années !
Un nouveau coup porté à l’enseignement officiel
Au détour de ce décret la griffe cléricale apparaît : un transfert de ressources de l’enseignement public vers le privé. En imposant aux établissements publics de reverser une part des montants perçus, il récompense de facto les structures – souvent privées – qui facturaient déjà le plus, tout en pénalisant l’enseignement officiel qui, historiquement, a maintenu des droits contenus. Une double peine pour le public, privé à la fois de ses marges de manœuvre et contraint de financer la concurrence.
Les syndicats d’étudiant·es de l’enseignement supérieur et les assemblées générales d’universités, la Ligue de l’Enseignement ont déjà condamné ce décret régressif et xénophobe. Il doit être retiré. Le CLP-KVD, pour sa part condamne et s’oppose également à ce projet qui remet gravement en cause les principes d’égalité et de liberté, les traditions universalistes et multiséculaires d’ouverture et de diffusion du savoir sur lesquels est fondé l’Enseignement Supérieur en Belgique.
Face à cette régression, le CLP-KVD appelle à la mobilisation. Il exige des autorités publiques :
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la gratuité des études ;
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le retrait pur et simple de la hausse des minervals et des mesures discriminatoires visant les étudiants extra-communautaires ;
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la fin du mécanisme de rétrocession, qui pénalise l’enseignement officiel au profit du secteur privé ;
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un réinvestissement massif dans les institutions publiques, afin de garantir leur indépendance et leur mission de service public.
Argent public à l’Ecole Publique !
Ni Dieu, ni Maître. À bas la calotte et vive la sociale !
Bruxelles, le 8 mai 2026


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