COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Leila Shahid, infatigable défenseuse de la cause palestinienne et diplomate, dont l’engagement a marqué des décennies de lutte pour la souveraineté et la justice est décédée ce 18 février. Née en 1949 à Beyrouth au sein d’une famille palestinienne en exil, elle s’est éteinte dans le sud de la France, où elle résidait depuis plusieurs années.
Marquée par la révolte palestinienne de 1936 contre le mandat britannique, elle était également la cousine d’un résistant tombé lors de la Nakba de 1948, au cours des massacres perpétrés par les forces de la Haganah et de l’Irgoun contre la population palestinienne.
Elle rejoint le Fatah de Yasser Arafat après la guerre de juin 1967 et l’occupation de Gaza et de Cisjordanie. Diplômée en sociologie de l’Université américaine de Beyrouth, elle consacra sa thèse aux camps de réfugiés palestiniens, prélude à un engagement sans faille.
À partir de la fin des années 1980, Leila Shahid incarna la voix de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) en Europe comme :
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Déléguée générale en France (1994–2005), elle forgea des liens solides avec Jacques Chirac, soutien indéfectible d’Arafat.
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Représentante auprès de l’Union européenne à Bruxelles (2005–2015).
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Organisatrice en 2009 le Tribunal Russell sur la Palestine, œuvrant pour la paix au Proche-Orient aux côtés de personnalités comme Pierre Galand.
Son action a permis de porter la cause palestinienne sur la scène internationale avec une rigueur et une humanité reconnues.
Ces dernières années, elle a exprimé son scepticisme sur la solution à deux États, privilégiant désormais un État laïque et démocratique fondé sur la coexistence de deux peuples. En 2023, tout en qualifiant d’« effroyable » l’attaque du 7 octobre du Hamas, elle refusa une condamnation sans analyse ses causes profondes.
En octobre 2025, elle dénonçait dans un quotidien la « lâcheté totale » de la communauté internationale face à la tragédie humanitaire à Gaza.
Leila Shahid laisse derrière elle une citation emblématique de son combat : « Moi, je n’ai pas d’enfants. Tous les enfants de Palestine sont mes enfants. » Cette phrase résume l’essence de son engagement.
Bruxelles, 22 février 2026



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