[:fr]« Quand la Cour suprême des États-Unis se réveille catholique »[:]


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Cour suprême 2020

Source Codex : La Cour suprême des États-Unis a été établie en 1789. Durant des décennies, l’usage était qu’un seul des neuf sièges soit attribué à un catholique : le fameux Catholic seat ou siège catholique.

La balance religieuse de la Cour suprême américaine s’est sensiblement inversée ces dernières années. Le fameux « catholic seat » s’accorde désormais très largement au pluriel avec la nomination d’Amy Coney Barrett à la Cour suprême. Six des neuf sièges de la haute juridiction fédérale sont désormais occupés par des juges catholiques. Un autre magistrat, Neil Gorsuch, a aussi été élevé dans la foi catholique, avant de rejoindre l’église épiscopalienne.

Alors que les catholiques ne représentent que 21% de la population des États-Unis (il y a davantage d’athées dans le pays), cette prédominance confessionnelle au sein de la Cour suprême s’explique par le « […] poids grandissant du catholicisme dans la société américaine » selon Amandine Barb, spécialiste des relations entre la religion, le droit, la politique et la société aux États-Unis.

Nihil sine deo

Pour la spécialiste du catholicisme américain Blandine Chelini-Pont, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Aix-Marseille, fait remarquer qu’ « Un certain nombre de penseurs issus de la droite conservatrice, dont de nombreux catholiques, ont considéré dans le tournant des années 1990-2000 que la stratégie judiciaire serait le meilleur moyen de peser dans le jeu politique et d’espérer notamment renverser les jurisprudences ayant permis l’autorisation de l’avortement. »

C’est depuis lors que la minorité catholique « blanche » s’est organisée autour de réseaux juridiques très influents, dans des facultés de droit – comme l’université Notre-Dame – mais également par la création de puissants de lobbys, tels que la Federalist association, pour favoriser la nomination de juges conservateurs au sein des hautes juridictions.

B. Chelini-Pont note également que « Les jurisprudences récentes ont aussi favorisé les droits des groupes religieux, au détriment du principe de séparation ». Principe de séparation entre l’Église et l’État, inscrit dans le 1er amendement de la constitution américaine, rejeté par l’Église romaine.

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